Mon parcours

Et si le problème ne venait pas de nous-même… mais du modèle que nous essayons de suivre ?

Il m’a fallu des années, plusieurs continents, agrémentés de multiples remises en question et d’expériences — bonnes comme mauvaises — pour comprendre une chose essentielle : la liberté ne se trouve pas, elle se construit.

À l’inverse, j’ai compris très tôt quelque chose sans vraiment savoir le formuler clairement : ce qu’on me proposait ne me correspondait pas.

Je n’ai pas le sentiment d’avoir été en mode révolte, ni dans un refus frontal (même si ma famille me dirait peut-être le contraire), mais j’avais profondément cette sensation étrange, persistante… d’être légèrement à côté, jamais complètement en dehors, sans pour autant me sentir réellement à ma place.

Avec le recul, je réalise que ce n’était ni un manque de capacité, ni un manque de volonté. C’était quelque chose de plus subtil, une forme d’inadéquation difficile à expliquer à l’époque, mais suffisamment présente pour ne jamais disparaître complètement.

Alors j’ai avancé comme tout le monde, en suivant le courant, parfois tumultueux, en ayant par moments l’impression de choisir le bras de rivière que je voulais prendre, sans jamais me sentir totalement à l’aise.

On se sent secoué, mais comme on est censé être là, alors on prend sur soi. Avec le temps, un mal-être s’installe, diffus, qui finit par impacter notre vie sans qu’on arrive vraiment à l’identifier ni à comprendre d’où il vient. On n’a pas envie d’y aller, mais on y va quand même, parce que c’est comme ça, parce que tout le monde nous dit que c’est normal.

N’avez-vous jamais ressenti ça ? Cette impression discrète mais persistante que ce que vous vivez ne vous ressemble pas vraiment, même si, de l’extérieur, tout semble parfaitement logique ?

Alors j’ai continué à avancer, en me disant que cela finirait par s’estomper, que je finirais par m’y faire.

Mais ce genre de ressenti ne disparaît pas vraiment. Il s’installe, il évolue, et avec le temps, il pousse à chercher autre chose.

Un parcours scolaire… sans conviction!

À l’école déjà, quelque chose ne collait pas.

Je n’étais pas un élève catastrophique, mais je n’ai jamais réussi à m’approprier ce mode éducatif. La motivation, l’envie, le plaisir n’étaient tout simplement pas là. J’y allais parce qu’il le fallait, souvent à contre-cœur, et dans les faits, je ne travaillais pas vraiment : peu d’investissement, peu de révisions, le strict minimum pour avancer.

J’obtiens mon bac en 2000, un peu en tirant dessus, puis je poursuis à l’université. Pendant trois ans, j’essaie de me convaincre que je suis sur la bonne voie, que c’est normal de ne pas être passionné, que ça viendra avec le temps.

Mais plus j’avance, moins je comprends le but de mes études. Les amphis bondés, les cours très théoriques, et cette impression d’apprendre des choses qui, au fond, ne me servent pas vraiment. On nous demande d’ingurgiter des masses de connaissances, sans toujours comprendre ce qu’on est censé en faire, ni comment les utiliser concrètement. Tout ce temps passé à accumuler du théorique, qu’il est de toute façon impossible de retenir dans sa globalité.

Je me pose alors des questions simples, presque naïves : quel est le but de tout ça ? Où est le concret ? Après autant d’années d’études, comment suis-je censé me sentir prêt à entrer dans le monde du travail, alors que j’ai surtout le sentiment de ne rien savoir faire de tangible ?

En 2003, je quitte la fac avec un réel sentiment d’échec. Trois années derrière moi, et au fond, cette impression de ne pas avoir avancé là où je l’espérais.

Je me retrouve face à une question simple : je fais quoi maintenant ? Tout ça pour ça ?

Premier saut dans l’entrepreneuriat !

Je me retrouve alors à enchaîner les petits boulots, l’intérim, à chercher du travail sans vraiment savoir ce que je cherche. Les journées s’enchaînent, souvent sans grand intérêt, parfois dans des conditions difficiles, avec ce sentiment de donner mon temps et mon énergie pour quelque chose qui ne me correspond pas.
On travaille, on trime, on s’adapte, parfois pour quelques sous, parfois sans réelle reconnaissance, et on en vient même à tolérer des choses qu’on a du mal à encaisser, surtout sur le plan humain. Et au fond, une question revient de plus en plus souvent : est-ce que la vie se résume à ça ?

Dans ce contexte, une idée commence à s’imposer peu à peu : si je veux autre chose, il va falloir arrêter d’attendre et commencer à créer.
En 2005, je me lance et je crée ma première entreprise : un site de revente de matériel et accessoires informatiques en ligne, Xtrem Micro pour ceux qui ont peut-être connu.
Avec le recul, c’était probablement un mélange d’intuition et d’inconscience. Je n’avais pas toutes les compétences, ni l’expérience, et j’ai fait beaucoup d’erreurs. Mais pour la première fois, je me lève le matin avec l’envie. Je fais les choses pour moi, à ma façon, et surtout, j’apprends du concret, parce que j’en ai besoin. J’y reviendrai dans d’autres articles.

Très vite, la réalité du terrain me rattrape. La concurrence est rude, avec de gros acteurs face à moi. Je baisse mes marges pour rester compétitif, j’essaie de faire monter le chiffre d’affaires… mais je ne me paye toujours pas.
Pendant trois ans, je m’accroche, je travaille énormément, souvent dans l’incertitude, parfois dans le doute. J’apprends sur le terrain, je me confronte à la réalité… jusqu’au moment où je dois me rendre à l’évidence : ce n’est pas viable, je n’ai pas encore les armes pour tenir face à ce marché.

Liquidation judiciaire déclarée.

Et là, c’est dur. Très dur. Un nouvel échec, des fonds familiaux perdus, et le retour à la case départ. Bon sang… si même créer mon entreprise je n’y arrive pas, je vais faire quoi ? La remise en question est brutale, et psychologiquement, c’est une période difficile à traverser. Peu de personnes autour de moi comprenait réellement ce que je traversais.

Mais en réalité, et je m’en rendrai compte plus tard, c’est sans doute l’une des périodes les plus formatrices de ma vie. J’y ai appris bien plus qu’à l’école : à me débrouiller, à gérer, à vendre, à m’adapter en permanence, et surtout à apprendre par moi-même.

C’est aussi à cette période que je découvre le développement informatique. Et pour la première fois, quelque chose s’aligne réellement. J’apprends vite, je progresse, et surtout, je prends du plaisir à construire.

Paris, premières réussites

En 2008, je pars à Paris et je me lance en freelance dans le développement informatique.

Pour la première fois, je gagne très bien ma vie. J’ai des missions, des clients, je développe de vraies compétences et je commence à vivre, à rejoindre ceux qui semblaient avoir réussi là où, jusque-là, je pataugeais.

De nouvelles questions apparaissent alors : que faire de cet argent ? Vais-je faire ça toute ma vie ? Quel est le but réel ?

Et puis, sans vraiment s’en rendre compte, un rythme s’installe. Métro, boulot, dodo. On profite un peu, par moments, mais sans que cela change vraiment le fond.

Je décide alors d’investir en moi et de suivre une formation intensive pendant six mois. À la sortie, je signe un CDI en tant qu’ingénieur. Sur le papier, tout est là : la stabilité, le salaire, la reconnaissance.

Mais la vie parisienne devient rapidement pesante, tout comme le CDI. Je décide de quitter pour retourner dans le sud et reprendre en freelance.

Pendant quatre ans, ce rythme me convient. Je suis posé, je commence à mettre de l’argent de côté, et je profite aussi de ne plus être en mode survie. J’essaie différents investissements, je construis progressivement quelque chose de plus stable.

Tout quitter pour voir le monde

En 2015, une envie intérieure forte commence à se faire entendre. Peut-être que je ne tiens pas en place… mais en y prêtant attention, je comprends que la prochaine étape pour moi est d’aller à l’autre bout du monde. Mon choix se porte alors sur la Nouvelle-Calédonie.

Je profite du trajet pour faire plusieurs haltes en Asie… et là, quelque chose s’ouvre.

Le rythme ralentit, le regard évolue, la vie devient plus simple, plus concrète, plus proche de l’essentiel. Je découvre d’autres façons de vivre, de consommer, de penser.

Puis en Nouvelle-Calédonie, tout cela prend une autre dimension.

Je m’installe, je ralentis encore, je prends le temps d’expérimenter. Je vis parfois sur un bateau, je me rapproche de la nature, je médite, je revois ma manière de m’alimenter, je passe par le véganisme… et surtout, je commence à remettre en question beaucoup de choses que je considérais jusque-là comme normales.

Le rapport à l’argent, au travail, à la réussite, à l’éducation des enfants… tout y passe.

Une idée commence alors à émerger : vivre autrement. De manière plus simple, plus alignée avec la nature, avec l’humain, avec ce qui compte vraiment.
Comme si j’avais vécu, à ma manière, ce que le film Demain allait ensuite raconter.

Cette période marque un véritable tournant. Elle ne change pas seulement mon environnement, elle transforme ma manière de voir le monde.

C’est à partir de là qu’une envie plus précise commence à naître : créer un lieu, un mode de vie différent, quelque chose qui se rapproche de l’idée d’un écovillage.

En parallèle, je commence à prendre conscience de quelque chose qui était déjà là depuis longtemps : mon intuition. J’apprends progressivement à l’écouter, à lui faire confiance, à m’y fier dans mes décisions, comme une boussole intérieure qui, peu à peu, devient plus claire.

À plusieurs reprises, je suis sur le point d’acheter un terrain en Nouvelle-Calédonie, et à chaque fois, je fais marche arrière au dernier moment. Ce n’est pas uniquement rationnel, ni uniquement lié à l’intuition, mais plutôt une combinaison des deux qui m’amène à ne pas aller au bout.

Les événements récents sur place m’ont d’ailleurs confirmé que ce choix — ou plutôt ce non-choix — était le bon pour moi.

Mais cette boussole va encore plus loin. Elle me pousse à faire de nouveau mes valises. Et une fois de plus, je décide de l’écouter.

Je change de cap, je vends le bateau, je réorganise mes priorités… et je pars explorer l’Amérique du Nord, avec l’envie d’y trouver un point d’ancrage et, peut-être, d’y donner vie à ce projet d’écovillage.

Un rêve dans la jungle… et un nouveau départ

Entre-temps, ma fille naît, et forcément, tout prend une autre dimension.

Nous partons en road trip, de Montréal jusqu’au Belize. Des milliers de kilomètres, des paysages incroyables… et une idée qui s’installe de plus en plus clairement : créer un lieu de vie différent.

Au Belize, j’achète trois hectares dans la jungle. Le projet prend forme. Nous défrichons, plantons, aménageons, et expérimentons une autre manière de vivre, plus simple, plus proche de la nature.

Puis le monde s’arrête. Le Covid arrive.

Je sais que pour beaucoup, cette période a été difficile. De notre côté, nous la vivons autrement, au cœur de la jungle, dans un quotidien simple, presque hors du temps. Mais pour moi, c’est aussi l’arrêt net du projet d’écovillage. Plus personne ne peut venir nous rejoindre.

Et cette intuition revient, plusieurs fois, me soufflant que ce n’est pas le bon endroit…
Mer…credi.

Ok. Alors où ?

On fait tourner le globe… et le doigt se pose sur la Polynésie. Et je dois bien l’avouer, le mana du Pacifique nous manquait terriblement. Et depuis le temps qu’on voulait y aller

En deux semaines, nous vendons presque tout, embarquons avec notre fille et notre chienne Gaïa… et prenons la direction de la Polynésie.

La Polynésie et la construction d’une vie différente

Nous arrivons en Polynésie en 2020, et pour la première fois depuis longtemps, quelque chose se pose réellement.

Je découvre un environnement qui résonne profondément avec qui je suis. La nature, le rythme, la culture… tout semble plus juste. Je dois bien l’avouer, j’en ai des frissons en l’écrivant.

Vous devez commencer à me connaître après ces quelques lignes : je me lance alors dans de nouveaux projets.

Je crée, j’expérimente, je construis.

Je tente encore, par moments, de revenir vers un modèle plus classique, comme pour vérifier une dernière fois.

Mais cette fois, il n’y a plus de doute.

Je ne peux plus revenir en arrière.

La liberté n’est plus une idée, c’est devenu une nécessité, un leitmotiv.

La suite s’écrit ici.

Pourquoi ce blog existe

Avec le recul, je ne vois plus ce parcours comme une succession d’échecs ou d’errances, mais comme une construction.

Chaque détour, chaque doute, chaque décision… m’a rapproché de quelque chose d’essentiel : ma liberté.

Au fil des années, je me suis aussi rendu compte d’une chose.

J’aide souvent mon entourage. Que ce soit dans des réflexions de vie, les passages compliqués liés aux prises de conscience, les évolutions intérieures, les projets entrepreneuriaux, l’investissement, ou même des questions de couple. Et j’y retrouve souvent la même volonté que la mienne : le bonheur, la quête de sens et la liberté.

Je ne dis pas que je suis un expert dans tous ces domaines. Loin de là.

Mais visiblement, mes réflexions, mes expériences, ma manière de voir les choses… apportent quelque chose aux autres.

Et depuis quelque temps, dans ces moments où je cherche ce que pourrait être ma “mission de vie”, on me répète souvent la même chose :
“C’est ça que tu devrais faire. Tu devrais aider les gens, les accompagner.”

Alors me voilà.

Avec ce blog.

Pas pour donner des leçons, ni pour expliquer aux autres comment vivre, mais pour partager, ouvrir des pistes, et peut-être semer quelques graines.

Parce que si vous êtes ici, ce n’est probablement pas un hasard.

Peut-être que vous ressentez, vous aussi, ce décalage. Peut-être que vous avez cette envie de plus, ou simplement l’intuition que votre vie pourrait être différente.

Alors je vous pose une question simple :

Êtes-vous en train de construire votre vie… ou de suivre celle qu’on vous a appris à vivre ?

Et au fond, je crois que ce chemin ne se fait pas seul.

J’espère pouvoir vous apporter quelque chose à travers ces lignes…
mais je suis convaincu que vous m’apporterez encore bien plus.

Alors d’avance, merci.

Si ce que vous venez de lire résonne en vous…